Une installation de vidéosurveillance sans alimentation de secours n'est pas une installation de vidéosurveillance : c'est un équipement qui fonctionne quand tout va bien. Or les coupures et les intrusions ne sont pas des événements indépendants : une coupure prolongée est précisément un moment de vulnérabilité.
Ce qu'il faut secourir, dans l'ordre
Erreur fréquente : secourir les caméras et oublier le reste. La chaîne complète doit tenir, sinon rien n'est enregistré.
- L'enregistreur. Sans lui, les caméras filment dans le vide.
- Le commutateur réseau PoE, qui alimente les caméras IP. Il consomme souvent plus que les caméras elles-mêmes.
- Les caméras. En PoE, elles sont secourues avec le commutateur.
- Le lien de supervision (routeur, modem), si les images doivent sortir du site.
- Les éclairages des zones filmées pour les caméras qui en dépendent : une caméra alimentée dans le noir ne fournit rien d'exploitable.
Calculer l'autonomie
La méthode est simple et se fait sur une feuille :
- Additionnez la consommation en watts de chaque équipement à secourir.
- Ajoutez une marge de 30 % : les pics de démarrage et le vieillissement des batteries ne pardonnent pas un dimensionnement au plus juste.
- Fixez l'autonomie visée à partir de la durée réelle des coupures observées sur votre site, pas d'une valeur théorique. Relevez-les pendant un mois avant de décider.
- Vérifiez que l'onduleur retenu délivre cette puissance pendant cette durée : un onduleur donné pour une puissance élevée ne la tient parfois que quelques minutes.
Onduleur seul ou couplé au groupe
Sur un site équipé d'un groupe électrogène, l'onduleur n'a pas à couvrir toute la coupure : il doit couvrir le temps de basculement, qui va de quelques secondes à quelques minutes selon l'automatisme. Une autonomie de quinze à trente minutes suffit alors largement, ce qui réduit beaucoup le coût.
Sans groupe, il faut viser la durée typique des coupures constatées, et accepter qu'au-delà l'installation s'arrête. Mieux vaut une autonomie honnête et connue qu'une autonomie supposée.
Les points de vigilance
- La chaleur tue les batteries. Un onduleur dans un local non ventilé perd la moitié de sa durée de vie. Local aéré, jamais en plein soleil.
- Les batteries se testent. Un test de décharge annuel est le seul moyen de savoir ce qu'elles valent encore. Sans test, on découvre leur état pendant la coupure.
- Prévoyez le remplacement. Les batteries plomb ont une durée de vie limitée, raccourcie par le climat. Budgétez leur renouvellement dès l'installation.
- Supervisez l'onduleur. Une alerte quand il passe sur batterie ou quand une batterie faiblit évite la découverte tardive.
Le réflexe complémentaire
Protégez aussi contre les surtensions. Sur les réseaux instables, les redémarrages successifs et les pointes de tension détruisent plus d'enregistreurs que l'usure normale. Un parafoudre et un régulateur en amont coûtent une fraction du matériel qu'ils protègent.
Voir nos solutions de vidéosurveillance et notre guide sur le nombre et le placement des caméras.