Deux erreurs symétriques se rencontrent sur le terrain. Des sites sous-équipés, où le premier extincteur est à soixante mètres du poste de travail. Et des sites qui ont acheté beaucoup d'appareils, tous du même type, tous regroupés près de l'entrée, donc inutiles au fond du bâtiment.

La règle de base

La référence usuelle est d'un extincteur de 6 litres ou 6 kg pour 200 m² de surface, avec un minimum d'un appareil par niveau. C'est un plancher, pas un objectif : un atelier avec point chaud, un stockage de solvants ou une chaufferie demandent des appareils supplémentaires spécifiquement placés à proximité du risque.

Le critère qui prime : la distance à parcourir

Aucune personne ne doit avoir plus de quinze mètres de trajet réel à faire pour atteindre un extincteur. Trajet réel, c'est-à-dire en contournant les rayonnages, les machines et les cloisons, pas la distance à vol d'oiseau sur le plan. Dans un entrepôt à allées, cette nuance double souvent le nombre d'appareils nécessaires par rapport au calcul de surface.

Où les poser

  • Sur les chemins d'évacuation, jamais dans un cul-de-sac. On doit pouvoir saisir l'appareil en allant vers la sortie, pas en s'en éloignant.
  • À chaque sortie et à chaque palier d'escalier. Ce sont les points que tout le monde sait situer sans réfléchir.
  • À proximité immédiate des risques identifiés : armoire électrique, groupe électrogène, cuisine, zone de charge de batteries, stock de carburant.
  • À hauteur de poignée, entre 1 m et 1,20 m du sol, et jamais posé au sol : un appareil posé finit toujours déplacé ou renversé.
  • Signalés par un panneau visible de loin, y compris quand les allées sont pleines et que l'appareil lui-même est masqué.

Les cas particuliers guinéens

Deux configurations reviennent constamment sur les sites que nous équipons.

Le local groupe électrogène : cumul de carburant, de chaleur et d'électricité. Il lui faut son extincteur dédié, à l'extérieur du local et près de la porte, pas à l'intérieur, où le feu vous empêcherait d'aller le chercher.

Les bâtiments à extensions successives, très répandus, où une aile a été ajoutée sans revoir le plan d'ensemble. Le calcul initial ne couvre plus la nouvelle surface, et l'extension se retrouve systématiquement sous-équipée. Tout agrandissement impose de refaire le dimensionnement.

Ce qu'il faut consigner

Un plan d'implantation avec chaque appareil numéroté, sa classe et sa date de vérification. Ce plan sert à trois choses : le contrôle mensuel, la formation des nouveaux arrivants, et la discussion avec l'assureur. Sans lui, personne ne sait dire si le parc est complet.

Un extincteur bien placé mais du mauvais type ne sert à rien non plus : voir notre guide sur le choix de l'extincteur selon la classe de feu. Pour un dimensionnement complet de votre site, découvrez notre offre de sécurité incendie.